
LexisNexis : Un partenariat stratégique pour moderniser la profession

Chères Consœurs, chers Confrères,
Quinze numéros en deux ans : Cyber Mag s’est imposé comme le compagnon de notre transformation numérique. Ce rythme soutenu reflète notre ambition collective : bâtir une culture commune du numérique au service de la profession.
L’intelligence artificielle est désormais une réalité. La question n’est plus de savoir si elle va s’imposer, mais comment elle s’intègre dans nos pratiques. En 2026, dialoguer avec une IA est devenu plus naturel qu’effectuer une recherche sur Google. Dans nos offices, l’enthousiasme reste toutefois mesuré, et c’est légitime. Les interrogations sur la fiabilité et la sécurité de ces outils sont nécessaires, voire salutaires.
Rigueur et confiance font partie de notre ADN. Ce sont ces principes qui guident nos investissements vers un cadre maîtrisé, utile et porteur de sens. L’enjeu est clair : concilier innovation et responsabilité, sans jamais perdre de vue notre rôle et nos obligations.
L’IA doit être comprise comme un outil d’amplification, non de substitution. Les solutions qui arrivent proposeront des analyses élaborées à partir du profil du défendeur, des attentes du demandeur ou encore du contexte du dossier. Ces capacités se développent rapidement. Il nous appartient de rester aux commandes, d’utiliser ces suggestions comme des aides à la décision, tout en veillant scrupuleusement au respect des intérêts de chacun et du cadre juridique.
Cela implique d’accepter de faire évoluer nos méthodes. Nos processus et nos outils doivent s’adapter. La performance passera notamment par l’interopérabilité : grâce aux connecteurs, nous pourrons mobiliser l’expertise d’acteurs spécialisés tout en conservant la maîtrise de nos données.
Cette modernisation suppose néanmoins des choix stratégiques clairs. L’hébergement européen de nos solutions n’est pas négociable : il conditionne notre conformité au RGPD (Règlement général sur la protection des données) et garantit la confidentialité des données confiées par les justiciables. La gouvernance de nos données ordinales doit rester sous notre contrôle. Le recours à des éditeurs français, familiers de nos contraintes déontologiques, constitue à cet égard un atout déterminant pour disposer d’outils réellement adaptés à notre métier.
Comme l’avait souligné notre confrère Thierry Guinot à propos de notre profession : « c’est la perspective et le recul qui peuvent permettre au commissaire de justice d’œuvrer sereinement, sans craindre la critique – ou pis, le remords – qu’une mauvaise pratique lui vaudrait à coup sûr ». Face à l’IA, cette sagesse prend tout son sens. Avançons avec méthode, dans le respect de nos valeurs. Notre cap n’est pas la vitesse, mais la justesse.
L’IA ne remplacera ni notre expertise juridique ni la dimension humaine qui fondent notre légitimité. En revanche, bien utilisée, elle peut nous libérer du temps pour revenir à l’essentiel : l’écoute, l’analyse et la décision juste.
L’immobilisme, en revanche, aurait un coût élevé. Si nous n’agissons pas, d’autres le feront à notre place. Avancer est un choix stratégique, un choix collectif, un choix assumé.
Belle et bonne année numérique !
Maître Olivier BARET
Secrétaire nationale de la Chambre nationale des commissaires de justice
En charge du Pôle Informatique et Numérique

