
Monde hyperconnecté : enjeux et défis

Ces géants de la tech qui ont vu le jour… dans un garage !

Alors que le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle s’est tenu à Paris en février dernier, amenant avec lui de grandes ambitions, la réalité sur l’IA (intelligence artificielle) et son fonctionnement se dévoile peu à peu au grand public.
En 2023, la Banque mondiale estimait que le nombre de travailleurs de la donnée (data workers) dans le monde variait entre 130 et 430 millions. De son côté, Google évalue à près de 1 milliard le nombre de data workers et d’annotateurs de données qui pourraient être nécessaires pour assurer le fonctionnement des IA dans les années à venir (chiffres révélés dans le documentaire Les data workers : ces petites mains cachées des IA produit par France Télévisions).
Pour entraîner leurs IA, les grandes entreprises de la tech engagent de nombreux travailleurs, principalement dans des pays du Sud (Afrique, Asie, Amérique latine). Payés seulement quelques centimes par tâche, ils sont exposés pendant des heures à des contenus toxiques, violents, souvent insoutenables, qu’ils doivent annoter en détaillant précisément ce qu’ils voient.
Ces employés de l’ombre accomplissent des tâches répétitives et ardues, cruciales pour le bon fonctionnement des IA mais majoritairement ignorées du grand public. Ils sont en effet soumis à une interdiction stricte de leurs employeurs de parler de leurs missions, sous peine de sanctions sévères pouvant aller jusqu’à la prison en cas de violation de cette clause de confidentialité. Ce travail humain, sous-estimé et sous-payé, soulève des questions éthiques sur l’exploitation des travailleurs précaires pour entraîner ces systèmes.
Ce qui compte avant tout pour alimenter l’IA, c’est le volume de données traitées. Ainsi, d’autres data workers du monde entier vont analyser les mêmes textes, images et vidéos, et répondre aux mêmes questions. Leurs réponses seront alors analysées statistiquement. Ce travail permet à l’IA de se rapprocher au maximum du mode de pensée d’un être humain.
Ces conditions de travail ébranlent le mythe de l’IA. Derrière l’illusion d’une IA autonome se dissimule un travail fastidieux et ingrat effectué par des milliers d’êtres humains.
Avec l’émergence de l’IA, nous faisons face à des défis majeurs pour l’avenir. Il nous incombe d’aborder celle-ci avec discernement, de la comprendre pleinement, de la maîtriser et de l’utiliser de manière éthique et responsable afin qu’elle contribue pleinement au bien-être collectif et à la construction d’un monde meilleur.

