
La CNCJ accueille le chef du COMCYBER-MI pour sensibiliser la profession aux risques cyber

Les bonnes pratiques cyber en BD

L’Office anti-cybercriminalité, plus connu sous l’acronyme OFAC, est le service spécialisé de la Police nationale chargé d’animer et de coordonner, au niveau national, la lutte opérationnelle contre la cybercriminalité. Il mène également des enquêtes judiciaires sur les affaires les plus complexes relevant de son champ de compétence.
Créé par un décret du 23 novembre 2023, entré en vigueur le 1er décembre suivant, l’office est rattaché à la Direction nationale de la police judiciaire, elle-même intégrée à la Direction générale de la police nationale. Il s’est substitué à la sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité et à l’ancien OCLCTIC.
Une histoire commencée dans les années 90
La spécialisation de la Police nationale dans la lutte contre la criminalité informatique remonte à 1994. Cette année-là, la Direction centrale de la police judiciaire créait la brigade centrale de répression de la criminalité informatique et formait des enquêteurs spécialisés dans ses services régionaux.
En 2000, la création de l’OCLCTIC marque une nouvelle étape dans la lutte contre la criminalité informatique. Intégré en 2014 à une sous-direction dédiée à la cybercriminalité, il est finalement remplacé en 2023 par l’OFAC, conçu pour renforcer la coordination des enquêtes et les capacités opérationnelles.
Enquêter, coordonner et assister
L’OFAC intervient contre les cyberattaques les plus graves ou les plus structurées, notamment lorsqu’elles impliquent des réseaux organisés ou plusieurs pays. Il enquête aussi bien sur les attaques qui visent directement des systèmes informatiques que sur les infractions commises grâce au numérique. Son rôle complète celui d’autres acteurs, comme l’ANSSI, qui se concentre davantage sur la protection des systèmes et la prévention.
Ses enquêteurs interviennent notamment sur les intrusions informatiques, les rançongiciels, les vols de données, les extorsions en bande organisée, les vols de cryptoactifs, les infrastructures cybercriminelles et certaines activités illicites menées sur le darknet. Ils agissent sous l’autorité d’un procureur de la République ou d’un juge d’instruction.
L’office prête également main-forte aux services de la Police nationale, de la Gendarmerie, des douanes ou de la répression des fraudes lorsqu’une affaire nécessite une expertise numérique particulière. Il centralise les informations sur les menaces et les modes opératoires, analyse le renseignement criminel et contribue à la formation des enquêteurs. Il travaille également avec la DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure), le ministère de la Justice, des partenaires privés ainsi qu’avec les services étrangers et des organisations comme Europol ou Eurojust.
Son organisation repose sur quatre pôles : les cyberenquêtes, l’appui opérationnel, le renseignement et la détection des menaces. Ce dernier comprend notamment Pharos, qui recueille les signalements de contenus ou de comportements illicites en ligne, et Thesee, qui permet aux particuliers victimes de certaines escroqueries sur Internet de déposer plainte ou d’effectuer un signalement à distance.
L’opération Endgame illustre concrètement cette coopération. Menée à l’échelle internationale, elle vise à démanteler les infrastructures techniques utilisées par les cybercriminels pour diffuser des logiciels malveillants et préparer des attaques par rançongiciel. En 2025, l’OFAC a coordonné ces investigations avec la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la préfecture de Police et l’UNCyber de la Gendarmerie, sous la direction du parquet de Paris.
Endgame a permis la neutralisation de 1 325 serveurs et 670 domaines criminels, la saisie de 3,5 millions d’euros en cryptoactifs et l’émission de vingt mandats d’arrêt internationaux.
Quel avenir pour l’OFAC ?
Face à l’industrialisation de la cybercriminalité, au développement des services criminels en ligne, à l’usage malveillant de l’intelligence artificielle et au blanchiment par cryptoactifs, l’OFAC sera appelé à adapter et à renforcer son action.
Depuis le 1er janvier 2026, l’OFAC pilote le plan d’action opérationnel européen consacré aux cyberattaques dans le cadre du programme EMPACT 2026-2029. La France doit également conduire plusieurs actions ciblées sur l’usage criminel de l’intelligence artificielle, les infrastructures cybercriminelles et le blanchiment par cryptoactifs.
Plus largement, la stratégie ministérielle de lutte contre la cybercriminalité prévoit de développer les compétences humaines et techniques, les outils d’investigation, les partenariats privés, la coopération internationale et l’adaptation du cadre juridique. L’OFAC occupera une place centrale dans cette stratégie, aux côtés des autres services spécialisés de la Police, de la Gendarmerie et du ministère de l’Intérieur.

