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À l’occasion de la 13ᵉ édition du Cybermois, le mois européen de la cybersécurité, nous avons rencontré Denis Boyer, chargé de mission Sensibilisation et risque cyber au sein de cybermalveillance.gouv.fr. Acteur majeur de la prévention et de l’accompagnement face aux menaces numériques, le dispositif coordonne en France de nombreuses initiatives de sensibilisation. Dans cet entretien, Denis Boyer revient sur la genèse du Cybermois, son évolution, les actions prévues en 2025 et les enjeux de mobilisation collective autour de la cybersécurité.

- Le Cybermois, aussi connu sous le nom du mois européen de la cybersécurité, fête sa 13ᵉ édition cette année. Pourriez-vous nous rappeler rapidement la genèse de cette campagne organisée en France et en Europe ?
Le Cybermois est une initiative européenne lancée par l’ENISA (Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité). En France, il était coordonné par l’ANSSI jusqu’en 2023. Cybermalveillance.gouv.fr en assure dorénavant la coordination nationale et nous organisons donc cette année notre 3e édition.
Son objectif principal est de sensibiliser le grand public, les entreprises et les collectivités aux enjeux de cybersécurité en leur donnant des conseils pour adopter de bonnes pratiques numériques et renforcer leur protection face aux menaces.
En 2025, notre ambition est d’ancrer durablement le Cybermois sur l’ensemble des territoires grâce à des actions fortes et visibles. Ainsi, le lancement ne se tiendra pas à l’Assemblée nationale, comme l’an passé, mais à Rennes, le 1ᵉʳ octobre. Ce choix illustre notre volonté de montrer que la cybersécurité n’est pas seulement une « affaire parisienne », mais un enjeu national qui doit être porté au plus près des citoyens.
- Depuis treize ans que le Cybermois existe, avez-vous constaté une évolution dans la manière dont le grand public et les entreprises françaises perçoivent les risques numériques ?
Oui, nous avons pu constater une véritable prise de conscience à tous les niveaux : particuliers comme professionnels s’engagent désormais à nos côtés pour relayer les visuels de la campagne et le logo du Cybermois. Cette mobilisation collective, tout au long du mois d’octobre, témoigne de l’ancrage de l’initiative et de la volonté partagée de promouvoir la cybersécurité auprès du plus grand nombre.
L’autre levier important sur lequel nous comptons beaucoup est le collectif Cybermois composé d’entreprises, d’associations, de collectivités qui nous permet de fédérer un maximum d’acteurs autour de l’enjeu sociétal qu’est la cybersécurité. Il permet également de diffuser largement nos messages auprès de leurs écosystèmes et parties prenantes. L’objectif n’était pas uniquement de mener une opération de communication destinée aux particuliers, mais de créer une démarche durable, intégrée aux usages aussi bien professionnels que personnels.
Pour donner quelques chiffres : en 2023, le collectif rassemblait 120 entités et 700 inscrits. En 2024, nous étions passés à 1 200 entités et 1 800 inscrits. En 2025, avant même le lancement, nous comptons déjà plus de 1 200 inscrits. C’est clairement un changement d’échelle.
- Comment rejoindre ce collectif Cybermois ?
Tout simplement en s’inscrivant sur notre site internet : www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/inscription-2025-collectif-cybermois
Plus que de rejoindre le collectif, il s’agit de participer à des actions d’intérêt général.
Pour que nos communications et messages soient vus par le plus grand nombre, nous devions impliquer un maximum d’acteurs. Quand ceux-ci organisent des actions de sensibilisation, cela crée une dynamique : on communique, on relaie et l’opération devient attractive.
Aujourd’hui, en partie grâce à ce collectif et à nos actions, on voit que le Cybermois s’installe dans les usages et que le mois d’octobre est maintenant clairement identifié comme un mois de sensibilisation dans de nombreux secteurs.
- Le site cybermalveillance.gouv.fr propose de nombreux contenus pour mieux comprendre les risques numériques et adopter les bonnes pratiques en matière de cybersécurité. Ces ressources, conçues pour un large public, permettent de vulgariser des notions parfois perçues comme complexes ou intimidantes par les non-initiés.
En effet, le dispositif cybermalveillance.gouv.fr a pour mission, depuis plus de sept ans, d’accompagner et de sensibiliser tous les publics : particuliers, entreprises et collectivités. Il est donc naturel que nous réutilisions nos conseils et contenus dans le cadre des campagnes du Cybermois. Nos supports doivent rester accessibles à tous, sans excès de jargon technique, afin de garantir une compréhension claire et immédiate des cybermenaces et des bonnes pratiques à adopter.
- Pouvez-vous nous présenter quelques entités ayant rejoint le collectif Cybermois ?
Nous travaillons beaucoup avec la Gendarmerie nationale, qui joue un rôle essentiel puisqu’elle est présente sur tout le territoire, jusque dans les petites communes, pour mener des actions de sensibilisation. Nous collaborons également avec l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires), notamment via les espaces France services qui sont très actifs pendant le Cybermois.
Un volet important du Cybermois concerne la médiation numérique, c’est-à-dire la sensibilisation des publics les plus éloignés du numérique. On parle souvent des « 3 i » pour « illettrisme, illectronisme et itinérance ». Ces publics plus vulnérables nécessitent un accompagnement prioritaire pour les rapprocher du numérique en toute confiance.
Plus largement, notre objectif est de sensibiliser tout le monde : professionnels, particuliers, initiés comme néophytes en cybersécurité.
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